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 Art & Culture

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MessageSujet: Art & Culture   Lun 5 Mai - 2:20

LE CHANT

Quand une bouche humaine s'ouvre
pour autre chose que manger, bailler
ou dire des conneries, elle induit
par le souffle une série d'effets
acoustiques, vibrations et résonances,
qu'on appelle le chant. Du soprano
au baryton, de la glotte à la voûte
palatiale, il se cache bien des histoires.


Emotions

Tous les groupes vocaux du monde, toutes les polyphonies, des choeurs de l'Armée rouge aux tribus zoulous, en passant par les petits chanteurs à la croix de bois, les Beatles ou I Muvrini, provoquent, quand certaines conditions sont réunies, des réactions organiques qui peuvent aller jusqu'au larmes.
C'est un phénomène psycho-physique : certaines combinaisons sonores de timbres et de fréquences produites par une voix humaine, a fortiori par plusieurs, produisent un effet émotionnel, à peine nuancé par des cultures différentes.
Pour mieux isoler le phénomène, faites l'expérience de la seconde mineure.
C'est une démo réservée à ceux qui n'ont jamais approché un instrument de musique.
Jouez une note au hasard sur un piano, puis jouez la note qui se trouve à sa gauche en sautant une touche.
Ca fait pin pon, ça vous dit rien, ça s'appelle une intervalle descendant de seconde majeure.
Bon maintenant rejouez la première note et jouez aussitôt après la note à sa gauche, blanche ou noire on s'en fout, fermez les yeux, écoutez avec l'air concentré de celui qui suit.
Ca s'appelle une intervalle descendant de seconde mineure et, à 99% de l'espèce humaine excepté les sourds et les néanderthaliens, ça donne une légère impression de tristesse et de mélancolie.
Pourquoi la seconde mineure rend-elle triste, on sait pas, c'est pas culturel mais physiologique.
C'est pareil pour la voix.
Certaines voix humaines particulièrement pures, c'est-à-dire dont la courbe sonore reproduite à l'oscilloscope est particulièrement régulière, qu'elles soient aiguës ou graves, et quel que soit le contexte, entraînent une réaction du système nerveux induisant l'émotion, "ça donne des frissons"dit le langage courant, que ce soit Oum Kalsoum, Maria Callas ou Paul Mc Cartney.
Si on peut décortiquer scientifiquement le phénomène acoustique produit par plusieurs de ces voix en simultané (chacune enrichissant les harmoniques de la note fondamentale) , nul scientifique à ma connaissance n'a pu expliquer l'effet physique produit sur le système nerveux par toutes les formes de polyphonies, du chant choral à la simple mélodie à deux voix.

Vibrations

Peut-être sont-ce ces méconnaissances qui entretiennent à propos du chant des légendes persistantes, comme celle de la voix si puissante et pure dans les aigus qu'elle parvient à faire éclater des verres, des lustres, des tasses.
est-ce la popularité de la Castafiore qui lui a donné une telle légitimité ?
Toujours est-il que tout le monde le croit, tant la chose paraît vraisemblable : le son de la voix n'est qu'une vibration de l'air, si cette vibration est assez forte pour vibrer un verre jusqu'à ce qu'il entre en résonance, le verre peut éclater, y a rien de mythique.
Et pourtant, personne n'avait été vérifier, jusqu'à une période récente où deux tentatives ont été menées par coïncidence presque simultanément, l'une scientifique, l'autre médiatique, pour reproduire cette légende devant les caméras.
Antonio Fischetti, par ailleurs journaliste scientifique et acousticien de formation, tente l'expérience dans un labo avec une cantatrice professionnelle.
Elle chante le plus fort qu'elle peut la note préalablement déterminée qui fait vibrer le verre, et il ne se passe rien.
A toutes les distances, avec toutes sortes de verres, sans résultat.
Alors il remplace la cantatrice par un générateur d'ondes sonores, sélectionne au poil d'hertz près la fréquence avec laquelle le verre peut entrer en résonance, pousse le volume à fond, et enfin le verre explose.
Il n'est pas loin d'en déduire l'impossibilité pour la voix humaine d'honorer la légende mais les réalisateurs de l'émission américaine "Mythbusters" (diffusée en France sur la chaîne Discovery) , deux bricolos de génie, s'attaquent aussi à l'histoire du verre et eux, ils y arrivent.
Après beaucoup de mal, de tâtonnements, et les mêmes difficultés de Fischetti, ils dégottent un chanteur de rock avec une voix de turboréacteur qui parvient à faire péter un verre en se plaçant à deux centimètres de l'ustensile.

C'est donc attesté : la voix humaine peut faire éclater un verre, dans des conditions très particulières, mais la cantatrice qui pète la vaisselle au fond de la pièce, c'est bien un mythe.

Diffractions

Un chant très particulier récemment découvert par le grand public et un instant à la mode chez les mélomanes esthètes, c'est le chant diphonique des bergers mongols, que l'on trouve aussi en Afrique du Sud et dans la république de Touva, en CEI.
Il consiste à chanter deux notes différentes en même temps, comme si on avait deux bouches, c'est effrayant.
Le plus drôle, c'est que, jusqu'à la découverte du phénomène dans les années 1970, les scientifiques jugeaient impossible que la voix humaine puisse produire deux notes à la fois.
Par une gymnastique compliquée du larynx et sans doute avec un certain entraînement, ces barbares mal dégrossis arrivent à produire une note grave tandis qu'ils font vibrer leurs cordes vocales de manière différente pour produire une mélodie plus haute.
Je ne me priverai pas du plaisir de vous expliquer ça précisément : il s'agit d'une combinaison de frayage glottique que d'aucun nomment le chant de gorge ou "grommelo" avec une activité de chant modal émis une octave au-dessus, ça vous la pète, hein ?
Un peu comme quand Florent Pagny compose une chanson tout en parlant dans son portable.
C'est rentable en spectacle puisqu'on se fait tout seul le boulot de deux types, d'où double cachet, mais je crois que je préfère les polyphonies corses.
Ca a quelque chose de monstrueux genre Cirque Barnum ou contorsionniste qui m'empêche d'apprécier la qualité du chant en elle-même.
Mais attendez, c'est pas tout.
Un des chanteurs de chant Touva qui exerce en Europe prétend arriver à des chants triphoniques, et même tétraphonique(à quatre sons) : avec un peu d'entraînement, il va arriver à faire les choeurs de Berlioz à lui tout seul.

NB:L'incroyable histoire des castrats.

Au XVIème siècle, quelque part en Italie, un crétin décida que les femmes n'avaient plus le droit de chanter dans les églises.
Mais comme une chorale sans voix féminine, c'est aussi performant pour élever l'âme dans les confins célestes qu'une troisième mi-temps de rugbymen, les ratichons mélomanes étaient bien embêtés.
Or, un autre crétin s'avisa qu'une voix d'enfant pouvait parfaitement remplacer les harmonies femelles, au détail près qu'avec leurs petits poumons, les gniards ne chantaient pas assez fort pour rivaliser avec de gros moines pleins de bénédictine.
Mais voilà qu'un troisième crétin, toujours en Italie, vers Naples pour être précis, découvre que, si on lui coupe les couilles, le gniard en question continue à grandir et deviens adulte tout en gardant sa voix d'enfant, car l'ablation des glandes sexuelles ne permet pas la transformation naturelle du larynx masculin à la puberté, que l'on appelle la mue.
Il garde sa jolie voix tout en acquérant de gros poumons, le problème est résolu.
Et donc, on repère les chérubins à belle voix pour leur couper les burnes, oh mon chéri rechante-moi Au clair de la lune comme tu le chante si bien Fabrizio va me chercher les ciseaux.
Pour la seule émotion esthétique des ecclésio-musicophiles, s'instaura la coutume incroyablement barbare de châtrer les gosses pour en faire des chanteurs à calotins.
On se mit à écumer la campagne napolitaine, puis la pratique s'étendit à toute l'Italie et déborda dans d'autres pays.
Tout de même, certains hommes d'église, jugeant qu'une telle pratique n'était pas complètement chrétienne, firent interdire la castration à des fins musicales.
Et on vit arriver des moutards castrés à cause d'accidents ménagers, c'est incroyable comme les cuisines sont dangereuses, il s'est approché trop près du râpe-carottes quand il allait faire pipi, mon père, ou on voulait l'opérer de l'appendicite mais le chirurgien louchait.
Cette monstruosité couverte du voile artistique dura quand même jusqu'au XIXème siècle, où les lois se firent plus sévères.
Le monde occidental qui montre une indignation vertueuse sur les mutilations volontaires des autres cultures, excisions et consors, se trouve là plein de discrétion et de tempérance : il y eut des castrats stars (Farinelli est le plus célèbre) , des opéras et des morceaux composés exclusivement pour eux.
Or il s'agit bien de mutilations d'enfants.
Je ne comprend même pas que de nos jours on puisse encore se pamer d'admiration devant cette horreur, mais très cher,une émotion si pure ça vaut bien une paire de roupettes surtout si c'est pas les miennes...
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